Oran est encore enlevée d'assaut en 1082 par les Almoravides, puis en 1269 par les Mérinides. En 1380, Abou-Hammou passe les Mérinides au fil de l'épée. En 1437, après être passée encore neuf fois sous différents pouvoirs, Oran jouit d'une grande prospérité sous la domination des Beni-Zian de Tlemcen.
Au début du XVIe siècle, les villes maritimes s'adonnaient presque exclusivement à la piraterie. C'est pour réprimer ces pirateries que furent organisées les expéditions espagnoles.
Le cardinal Ximenès rassembla une flotte qui arriva le 11 septembre 1503 dans la rade de Mers-el-Kebir où les Espagnols mirent le siège. Les assiégés capitulèrent le 23 octobre. Les Espagnols relevèrent les fortifications qui avaient le plus souffert, et laissèrent une garnison avant de repartir.
Mais Ximénès songeait à s'emparer d'Oran, plus à même d'offrir des moyens de s'étendre dans le pays. Une flotte imposante partie de Carthagène le 14 mai 1509, arriva à Mers-el-Kebir la veille de l'Ascension. Le lendemain, avant la fin de la journée, la bannière espagnole flottait sur la kasba. Les Espagnols ne perdirent que 30 hommes ; mais plus d'un tiers de la population musulmane fut massacré et la ville pillée.
Le premier soin du cardinal Ximénès fut d'y installer cette religion au nom de laquelle la conquête avait été entreprise. Les mosquées furent converties en églises et un hôpital fut établi sous le patronage de saint Bernard. Les fortifications de la place furent rétablies sans retard, et on y ajouta d'autres travaux.
La garnison d'Oran ne fut jamais de plus de 1500 hommes, juste bons à se protéger lcontre les incursions quotidiennes des tribus ennemies. Toute action importante nécessitait de la part de l'Espagne des envois de troupes considérables, ce qui était d'autant plus lourd que l'occupation d'Oran ne la compensait par aucun avantage.
Les Espagnols ayant laissé s'élever, sans obstacle, la puissance des Turcs en Algérie, ceux-ci les avaient chassés insensiblement de toutes leurs positions de la côte ; Oran seul résistait.
Hassen ben-Kheir-ed-Din créa aux portes mêmes d'Oran, une autorité forte et homogène, en état de résister ou d'attaquer par elle-même. Il réunit les différents pouvoirs indépendants des kaïds entre les mains d'un bey. Cette nouvelle puissance ne laissait échapper aucune occasion de harceler les chrétiens, et obtint, dans plusieurs rencontres, des petits avantages.
Lorsqu'en 1708, Philippe V monta sur le trône, l'Espagne divisée, affaiblie, n'accordait qu'une faible attention à sa possession africaine. C'est alors que Moustafa-bou-Chelar'em, bey de la province d'Oran, mit le siège devant Oran. En l'absence des secours qu'elle attendait, la place fut obligée de capituler.
Ainsi finit l'occupation des Espagnols dans l'ancienne régence d'Alger. Après 250 ans, remplis de luttes glorieuses, mais employés à s'assurer seulement la possession du littoral, ils furent fatalement conduits à l'abandon d'Oran.
Les Turcs, maîtres de la ville, s'empressèrent de démolir les constructions qui avaient coûté tant de peine à leurs prédécesseurs. Ce fut un élan général pour détruire tout ce qui existait ; il fallut changer ces demeures, faites pour les usages de la civilisation, en maisons de boue, en galeries étroites, ne prenant jour que dans l'intérieur, et destinées à cet autre ordre de moeurs et d'idées.
En 1732, le duc de Montemar avec une flotte imposante reprit possession de la ville, mais après le tremblement de terre de 1790 qui détruisit une grande partie de la ville et de ses murailles, les arabes s'empressèrent de l'attaquer. Les Espagnols étant incapables de résister, le gouvernement de Madrid négocia avec le dey d'Alger l'abandon de ce presidio. Heureusement la clause du traité conclu avec le dey, le 12 septembre 1791, qui stipulait la destruction des édifices publics et des forts construits depuis 1732 ne fut pas entièrement exécutée, et la plupart des bâtiments espagnols encore subsistants, remontent à la seconde occupation.

